Article sur le congrès FO de la chaîne LCP

Publié le par BD FOLC 56

Congrès FO : Mailly vainqueur haut la main en misant sur le "seul contre tous"

 

Vue générale des délégations syndicales FO le 14 février 2011 au Parc des expositions de Montpellier.


Force ouvrière est apparue plus que jamais seule contre tous les autres syndicats à son congrès, qui s’achève vendredi soir et a offert l’image d’une organisation soudée autour de son secrétaire général pour défendre mordicus "la différence FO".

A la veille de sa réélection samedi par le Comité confédéral national (CCN), le parlement de FO, Jean-Claude Mailly, seul candidat à un troisième mandat, a joué sur tous les ressorts traditionnels de FO pour s’assurer un quitus écrasant.

Son rapport d’activité, dressant le bilan de la direction depuis le congrès de Lille (juin 2007), a été approuvé par 97,27% des voix, un taux quasi identique à celui du précédent congrès. Son prédécesseur Marc Blondel, davantage contesté, n’avait fait aussi bien qu’une seule fois, en l’an 2000.

A Montpellier, Jean-Claude Mailly a construit son succès en se servant comme d’un repoussoir de ce qu’il n’a cessé de désigner comme "le duo" ou "l’axe" CGT-CFDT.

La réforme de la représentativité des syndicats (2008), qui fonde leur légitimité sur le vote- au lieu d’une présomption de représentativité figée depuis l’après-guerre - reste en effet en travers de la gorge de FO. Entre autres parce qu’elle ne vise, selon le mot d’un congressiste, qu’à "faire la peau" de FO, troisième centrale syndicale française (15,8% des voix aux prud’homales en 2008).

FO ne s’est pas montrée plus charitable à l’égard des syndicats plus petits : le Congrès a "condamné l’attitude coupable" de "l’ensemble des autres confédérations syndicales" qui, selon elle, "a servi à accompagner la +réforme+ des retraites" de novembre 2010.

La recherche de "revendications communes" permettant d’agir ensemble n’est donc pas une priorité.

En dépit de la quasi-unanimité de tous les votes, ce langage laisse dubitatif quelques responsables. "Oui au +tous ensemble+ !" au sein de FO, "mais pas contre tous !", a lancé Frédéric Homez, leader FO de la métallurgie.

D’autant que la confédération campe fermement sur des revendications de principe, dont la satisfaction relève au mieux de la gageure : retour aux 37,5 ans de cotisation pour la retraite, "annulation des licenciements", suppression de Pôle emploi et rétablissement de l’ANPE et des Assedic.

Des exigences rarement au diapason de sa pratique, qui reste tournée vers la recherche du compromis. "Nulle part dans les syndicats n’existe un tel décalage", selon le chercheur spécialisé Jean-Marie Pernot.

Pour "défendre les revendications des salariés", Force ouvrière mise plus que jamais sur ses propres forces. "Un seul axe : l’axe FO-FO", tel était le titre de l’éditorial du secrétaire général, vendredi dans le journal du Congrès.

Jean-Claude Mailly y a exprimé de la "confiance dans notre capacité de développement et de syndicalisation".

La confédération, qui revendique 500.000 adhérents, mise donc sur la progression du nombre de ses militants, "garante de l’augmentation de l’audience électorale" et érigée en "priorité absolue". Ses dirigeants reconnaissent avoir "un gros boulot à faire" pour faciliter les adhésions mais aussi le suivi des adhérents, ayant pris du retard, notamment par rapport à la CFDT.

Le Congrès a voté un "plan de développement" s’appuyant sur "la présence sur le terrain" et ouvrant "l’accès aux mandats syndicaux aux femmes et aux jeunes adhérents".

Mais le fédéralisme de FO (chacun de ses syndicats est souverain), inscrit dans ses gènes, apparaît comme un frein à la réforme interne. Les organisations composant FO sont simplement invitées à "travailler ensemble" pour mieux prendre en charge les intérêts des salariés.

Article mis à jour le vendredi 18 février à 19h26.

Publié dans CONFEDERATION FO

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