Lettre ouverte à tous les salariés

Publié le par BD FOLC 56

 

 

Chers collègues,

 

 

Nous soumettons à votre réflexion deux documents récents qui illustrent à nos yeux les enjeux de la situation très tendue qui est en train de se nouer :
- un communiqué des organisations nationales CGT, CFDT, CFTC, UNSA, CGC, FSU sur la suite de la journée du 7 septembre, communiqué que ni notre organisation (FO) ni Solidaires n'ont accepté de signer compte tenu de ses insuffisances.
- un appel émanant des sections départementales enseignantes du Maine-et-Loire (FSU, FO, SUD, CGT) pour s'organiser en vue du retrait du projet gouvernemental; appel dont nous partageons les termes et les objectifs.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'après les puissantes manifestations du 7 septembre, il y a là deux orientations contradictoires :
- ou bien on laisse croire qu'il y aurait la possibilité d'infléchir la réforme Saro-Woerth-Fillon sur le fond, et dans ce cas, il suffirait de faire pression par quelques manifestations rituelles. Que signifie en effet : "obtenir des mesures justes afin d'assurer la pérennité du système de répartition" ? Formulation floue que Fillon lui-même a utilisée !!!
- ou bien on commence sérieusement à s'organiser, non pour "protester", mais pour véritablement contraindre le gouvernement à retirer sa réforme.

Il suffit de regarder les choses comme elles sont :
-le 7 septembre, plus de 2 millions de salariés ont défilé dans les rues non pour exiger une "bonne" reforme des retraites, mais pour empêcher le gouvernement de remettre en cause des acquis fondamentaux du monde du travail et démentir la propagande éhontée des médias présentant cette réforme comme inéluctable
-le 8 septembre, Sarko – sur injonction des marchés financiers, de l’Union Européenne et du FMI,  "droit dans ses bottes", comme Juppé en 1995, annonce qu'il ne reculera pas
- le 9 septembre, un Parlement à moitié vide (Honte à vous, Mmes et Mrs les Députés, dotés de confortables retraites !!) vote à main levée le report à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite; mesure ressentie comme profondément injuste par tous les salariés qui ont très bien perçu que 85% du coût de cette réforme est supportée par les salariés (au fait : 85%, c'est aussi la progression des bénéfices des entreprises du CAC 40 en 2009!, mais il n'y a pas d'argent pour nos retraites !)

Et maintenant, il ya le 23 septembre. Si cette nouvelle journée de grèves et de manifestations a un sens, ça ne peut être que pour permettre aux salariés du public et du privé de passer à un stade supérieur de la mobilisation et contraindre réellement le gouvernement à retirer son projet avant son adoption définitive par le Parlement et le Sénat. Cela pose très concrètement - comme le fait le Maine et Loire, mais aussi de nombreuses sections syndicales dans tous les secteurs - la question  de la GREVE et du blocage du pays jusqu'à ce que le projet soit abandonné. Sinon, la journée du 23 septembre ne sera qu'une n'ième journée rituelle de manifestation, source de démoralisation et de doute.
Nous avons l'opportunité, vu la force de la mobilisation, de contraindre ce pouvoir aveugle et autiste à reculer. Chacun peut comprendre qu'une victoire ou une défaite sur la question des retraites aurait des conséquences politiques considérables, sur l'ensemble des autres questions, notamment dans l'Education Nationale asphyxiée par les suppressions de postes et les réformes qui les justifient.

C'est à notre sens cela qu'il faut discuter dans les AG et les réunions syndicales des jours qui viennent. Le mouvement ne peut venir que d'en bas. 

                                                   Bureau du FOLC 56 le 13 septembre 2010

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